Retour sur la soirée ciné-débat

Retour sur la soirée ciné-débat

Lundi 28 juillet, à 20H, la coopérative la Traverse organisait en collaboration avec le cinéma Max Linder de Créon, une soirée débat sur l’habitat partagé, une des manières d’habiter autrement, avec pour appui des échanges le film-documentaire : « Rue de l’Utopie », de Josiane Zardoya et Maïté Debats en collaboration avec Arlette Girardot.

affiche film rue de l'utopie

Les cinéastes ont filmé pendant un an et demi, dans son quotidien et ses péripéties « L’Ouvert du canal » à Ramonville-St-Agne près de Toulouse, un exemple d’habitat participatif qui se multiplie en France, en Europe et ailleurs. Il s’agit pour ces huit foyers :
des couples et des célibataires, des enfants, des artisans, des employés, des cadres moyens, des jeunes, des plus âgés, de tenter de conjuguer l’habiter ensemble et le chacun chez soi.

Ils ont fait construire huit logements et des espaces à partager : salle commune, buanderie,chambre d’amis, atelier à la disposition de tous. Les bâtiments sont écologiques, économiques et conviviaux. La construction des espaces communs ensemble a fortifié le groupe et fait grandir la cohésion.

Les neuf enfants ont toute leur place et circulent dans le jardin, ainsi que dans les maisons des uns et des autres. Une jeune fille atteinte d’autisme semble y trouver son équilibre grâce à cette sociabilité généreuse.
Installés depuis deux ans, ils se confrontent à la gestion collective. Ils ont choisi la méthode de la « sociocratie » pour prendre des décisions ensemble. Une démarche qui permet à la parole de circuler en réunion, d’éviter les leaders et de prendre des décisions au consentement.
Le film s’attarde sur leur farouche volonté de durer.

salle de cinéma

Comment l’intérêt collectif se heurte-t-il aux intérêts individuels ? Comment surmonteront-ils les inévitables conflits sans briser leur collectif ? Quelle forme juridique faciliterait la non-spéculation et la pérennité du projet ?

public du cinéma

La quasi-totalité des Traversiennes et des Traversiens étaient présentes ce soir-là et se sont retrouvés dans les questionnements découlant de ce documentaire. Ils ont répondu aux questions du public venus nombreux.

Ont été présenté la forme juridique en SAS de la coopérative de la Traverse et ses
particularités, notre choix de vivre autrement qu’en tant que locataire ou propriétaire, de nous soutenir, de nous accompagner dans le vieillissement des plus âgés, de partager des espaces et des moments, ainsi que de partager la responsabilité de la gestion du collectif organisé en commissions. La question de la transmission a également été abordée, comme étant une préoccupation à prendre en considération.

Sylvie, Aline et Monette sous la pluie

Comment les statuts de la coopérative, sa raison d’être, sa charte du vivre ensemble, ses accords sur notre mode de communiquer entre nous, ont été fondé sur les principes de l’éducation populaire, à savoir que chacune et chacun s’approprient le projet, apportent ses savoir-faire et savoir-être et grandissent en compétence ?

Jusque-là la gestion des crispations a été réglée en interne avec des outils de résolution de conflits que certaines et certains d’entre nous maîtrisent. Pour autant nous ne rejetons pas l’intervention d’un médiateur comme cela se fait régulièrement dans l’Ouvert du Canal.

De nombreux points communs entre nos deux habitats ont été souligné, comme la
sociocratie comme mode de gouvernance et le consentement comme mode de décision.
Nous partageons en commun la taille, la diversité générationnelle et sociale du groupe.
Notre terrain est beaucoup plus important en taille et devrait permettre la conception d’espaces différenciés, comme le coin « silence », le coin repas partagés outre la salle commune, l’espace jeux des enfants, le potager, le verger, le poulailler etc…, respectant ainsi le besoin de retrait des uns et des autres.
Pour autant nous sommes aussi déjà en recherche permanente d’un équilibre entre le collectif et l’intime ! Nous faisons confiance à l’intelligence collective et aux liens que nous avons tissés depuis 4 ans, surmontant les difficultés déjà présentes comme le financement, les travaux de la maison commune, la cohabitation dans cet espace avec une des familles qui y vit.

Chantier cabanon avec Nicolas et Jacques

A chacune de nos réunions mensuelles nous expérimentons nos propres limites, nous apprenons à définir nos besoins, à clarifier nos attentes et à écouter et respecter le point de vue de l’Autre.
Les chantiers participatifs nous permettent de mettre en commun nos compétences et nous découvrons progressivement les talents des uns et des autres. Comme l’a exprimé Nicolas, lors de cette soirée : « Je me sens meilleur, davantage humain lorsque je quitte la Traverse !»

Les échanges ont pu se prolonger autour d’un verre dans le patio, permettant
d’approfondir certains questionnements des participants.

La coopérative la Traverse remercie chaleureusement l’équipe du cinéma le Max Linder pour son adhésion et sa collaboration à ce débat, espérant que ce mode d’habitats partagés continue à interpeller les citoyens et les pouvoirs publics !

patio, discutions après la projection